Robert avait été élevé au cardinalat une année avant qu'Innocent l'eût nommé son légat en France, principalement pour agir en faveur des croisades, rétablir la paix dans le midi de ce pays, ordonner et corriger dans l'Ãglise ce qui avait besoin de l'être. Ainsi tous les parents du mari sont les affins de la femme, et tous les parents de la femme sont les affins du mari. On menaça de peines sévères les prélats qui négligeraient d'aider de leurs conseils et par leurs actions les croisés ou leurs familles. " Il viendra à la fin des siècles juger les vivants et les morts, tant les réprouvés que les élus qui ressusciteront tous avec leurs propres corps, afin de recevoir, selon leurs mérites bons ou mauvais : les réprouvés, la peine éternelle avec le diable ; les élus, la gloire éternelle avec Jésus-Christ. La seconde manière consiste à donner le pouvoir d'élire, au nom de tous, à quelques personnes capables ; la troisième, à s'accorder tous ensemble, comme par inspiration divine, pour nommer un même sujet. de l'Egl. 38. Le clergé français accusa énergiquement le cardinal légat Robert Courçon. Il n'y a qu'une seule Ãglise universelle des fidèles, hors de laquelle nul n'est absolument sauvé, et dans laquelle Jésus-Christ est le prêtre et la victime, dont le corps et le sang sont véritablement dans le sacrement de l'autel sous les espèces du pain et du vin ; le pain étant transsubstantié au corps de Jésus-Christ, et le vin en son sang, par la puissance divine ; afin que, pour rendre le mystère de l'unité parfait, nous recevions du sien ce qu'il a reçu du nôtre. Celui-ci est un prêtre affecté à un territoire, la paroisse, avec la charge d'en soigner les âmes. Au concile de Latran, ils produisirent une série de griefs contre Robert ; et l'amitié seule d'Innocent, qui engagea toute l'autorité du chef de l'Ãglise auprès des prélats, afin de les déterminer à retirer leur plainte, arracha Robert à une aussi fausse position. " Parmi les innovations majeures du concile Latran IV de 1215 figure la publication des bans à l'occasion des mariages. Le concile Latran IV marque l'apogée de la chrétienté médiévale et de la papauté après l'effort de renouveau inauguré, 150 ans plus tôt, par Grégoire VII. Les évêques choisiront des personnes éclairées pour prêcher, confesser, imposer des pénitences et faire tout ce qui convient au salut des âmes. On défend de se pourvoir en cour de Rome pour obtenir des lettres, afin d'appeler une partie en jugement à deux journées au-delà de son diocèse, de peur que le défendeur fatigué n'abandonne son droit. Innocent leur ayant dit avec bonté de se lever, ils formulèrent des plaintes graves contre Simon de Montfort qui, malgré leur soumission sans condition aux légats, les avait dépouillés de leurs principautés. Si le collateur diffère trois mois de donner le premier, il sera dévolu au supérieur. Ceux qui voudront entrer en religion embrasseront un des ordres approuvés. Les événements d'Angleterre occupèrent également le concile. Si le juge supérieur ne trouve pas l'appel raisonnable, il doit renvoyer l'appelant au juge inférieur, et le condamner aux dépens ; le tout sans préjudice des constitutions qui ordonnent que les causes majeures seront portées au saint-siège. Latran IV et les enjeux de la mission pastorale de l’évêque Catherine Vincent, Professeur, Université Paris-Ouest Nanterre La Défense. Quatre ans plus tard, Burkard et ses frères soulevèrent contre Jeanne une lutte dans laquelle Burkard tomba au pouvoir de celle-ci, fut jeté en prison, et mourut sans doute en captivité. ". La chose fut éclaircie, et le pape en fut instruit. 39. Ils n'iront point à la chasse et n'auront point d'oiseaux pour ce sujet, ils s'abstiendront des trafics séculiers, des spectacles, des jeux de hasard, et n'entreront pas dans les cabarets, si ce n'est en voyage. Les comtes de Foix et de Comminges ajoutèrent les mêmes accusations. Quand, le 11 novembre 1215, le pape Innocent III ouvre le quatrième concile du Latran, il peut se flatter d'avoir hissé la papauté à un niveau de prestige qu'elle n'avait encore jamais atteint. S'il a déployé des efforts importants Et vous, monsieur l'évêque de Toulouse, vous n'aimez ni le prince, ni votre peuple. Si ensuite, après la mort de notre belle-sÅur, son second mari vient à se remarier, il se contractera un troisième genre d'affinité, par laquelle sa seconde femme nous tiendra lieu de belle-sÅur, parce que nous sommes affins du second genre d'affinité avec son mari. Tout le clergé devait mettre à la disposition des percepteurs nommés ad hoc le vingtième de leurs revenus pendant trois années, et les cardinaux le dixième ; le tout sous peine d'excommunication contre ceux qui ne procéderaient pas fidèlement. " Défense aux réguliers de recevoir des églises ou des dîmes des mains des laïques, sans le consentement de l'évêque. On ne laissera point vaquer plus de trois mois un évêché ou une abbaye ; autrement ceux qui avaient droit d'élire en seront privés pour cette fois, et il sera dévolu au supérieur auquel il appartient de pourvoir à la vacance, lequel sera tenu de la remplir dans les trois mois, en prenant, pour cet effet, le conseil de son chapitre et des personnes prudentes. 59 et 60. On défend aux juifs les usures excessives envers les chrétiens, et on leur ordonne de payer la dîme et les autres oblations pour les maisons ou les héritages qu'ils ont achetés des chrétiens. 47. Relativement instruit, célibataire, généralement chaste et consciencieux, attaché à son village, le curé devient très vite un pilier de la société médiévale... et les travers de certains d'entre eux ne tarderont pas à alimenter un anticléricalisme tantôt ironique, tantôt violent. Il impose aussi aux juifs le port d'un insigne distinctif. Bien entendu, il faudra beaucoup de temps avant que les femmes puissent pleinement choisir et accepter leur conjoint. 24. Le concile règle l'ordre et les prérogatives des quatre patriarches d'Orient, mettant après l'Ãglise romaine, qui a la principauté sur toutes les autres, comme mère de tous les fidèles, celui de Constantinople, puis ceux d'Alexandrie, d'Antioche et de Jérusalem. 3), en 1215, entend précisément lutter contre une trop grande intégration des juifs : il déplore la « confusion » qui règne dans « certaines provinces », où les juifs (et les musulmans) ne sont pas Sa conduite au couvent de Saint-Martial peut encore moins se justifier ; d'abord il confirma dans ses fonctions, pour 60 livres tournois, l'abbé devenu incapable ; et peu de temps après il se servit des pouvoirs étendus qu'il possédait sur l'Ãglise de France pour élever à la dignité d'abbé, malgré une vive opposition, un moine intrus de ce même couvent. On assura à ceux qui partaient l'affranchissement des taxes, des charges et des impôts, et la protection de saint Pierre, de tous les prélats et de l'Ãglise, pour leurs personnes et leurs biens ; on nomma des tuteurs pour prendre soin de leurs biens jusqu'à leur retour ou jusqu'à la nouvelle certaine de leur mort. On ordonne de chasser dorénavant des monastères les religieux et religieuses qui donneront ou qui exigeront quelque chose pour l'entrée en religion, et de les renfermer dans d'autres monastères plus réguliers, pour y faire pénitence toute leur vie. Ce fut probablement pour tâcher de se concilier plus facilement cette Ãglise, que le concile ordonna aux prélats dans les diocèses desquels se trouvaient quelques fidèles de diverses langues, que la doctrine fût prêchée dans ces langues, mais le service divin célébré en latin. " Ils présenteront aux évêques des prêtres pour desservir les églises qui ne dépendent pas d'eux de plein droit, et ils ne pourront retirer de ces églises les prêtres institués par l'évêque, sans sa permission. des conc. Ceux qui ne s'acquitteront pas de ce devoir seront condamnés à être privés, de leur vivant, de l'entrée de l'église, et de la sépulture ecclésiastique après leur mort ; et ce statut sera publié souvent dans l'église, afin que personne n'en prétende cause d'ignorance. Ce canon condamne deux abus fort communs autrefois. Il n'ignorait pas cette disposition des esprits, et craignait peut-être qu'on ne portât plainte non seulement auprès du pape, mais auprès du concile qui allait s'assembler. On ne prononcera la sentence d'excommunication contre personne, qu'après la monition convenable faite en présence de témoins : quiconque fera le contraire sera privé de l'entrée de l'église pendant un mois. Cette exposition ou formule de foi est qu'il n'y a qu'un seul Dieu en trois personnes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit ; mais une seule essence, une substance et une nature très simple ; que le Père ne reçoit l'être de personne, que le Fils reçoit son entité du Père seul, et que le Saint-Esprit reçoit la sienne à la fois des deux premiers, sans commencement, toujours, et sans fin ; que le Père engendre ; que le Fils est engendré ; que le Saint-Esprit procède ; qu'ils sont consubstantiels et égaux en tout ; également puissants, également éternels ; tous les trois un seul principe de toutes choses, créateur des choses invisibles et visibles, des spirituelles et des corporelles ; qui, par sa vertu toute-puissante, a, dès le commencement du temps, fait de rien l'une et l'autre créature spirituelle et corporelle, et les démons mêmes, qu'il avait créés bons et qui se sont faits mauvais ; que c'est par la suggestion du diable que l'homme a péché. Cette ordonnance devait être lue les dimanches et jours de fêtes dans toutes les villes maritimes, et l'entrée de l'église refusée à tous ceux qui y contreviendraient, à moins qu'ils n'employassent tout le gain acquis de cette manière pour le bien de la terre sainte. Les sculpteurs et les peintres commencent à exalter la beauté du corps féminin, qui revêt au choix l'apparence de la vierge Marie ou d'Eve, la première femme. On s'informera soigneusement dans le concile provincial annuel des fautes commises à cet égard, et l'on y aura soin de substituer des personnes sages et discrètes, pour suppléer au défaut de celui que le concile aura suspendu de son droit de collation. Ancienne élève de l'École des Chartes, Fabienne Manière supervise un service d'archives historiques aux Archives nationales. Si l'élection se fait par l'autorité de la puissance séculière, elle sera nulle de plein droit : l'élu qui y aura consenti n'en tirera aucun avantage et deviendra incapable d'être élu : les élus seront suspendus pendant trois ans de tout office et bénéfice, et privés pour cette fois du pouvoir d'élire. Aussi ont-ils servi de fondement à la discipline qui s'est observée depuis, c'est-à -dire depuis le commencement du treizième siècle, et sont fort célèbres chez les canonistes. Il a été formellement adopté par le quatrième concile de Latran en 1215. Après le concile de Trente, il est celui qui a inséré le plus grand nombre d'articles dans le droit canonique. Une même personne ne pourra posséder deux bénéfices à charge d'âmes, et celui qui en recevra un second de même nature sera privé du premier ; que s'il veut le retenir, il sera aussi dépouillé du second. 63. La prescription doit être de bonne foi, autrement elle ne doit pas avoir lieu ; et il est nécessaire que celui qui se sert de prescription n'ait su en aucun temps que ce qu'il retient ne lui appartient pas. L'excommunication doit être fondée sur une cause publique et raisonnable. L'excommunication fut prononcée contre ceux qui prêtaient assistance aux pirates, qui empêchaient les arrivages à la terre sainte ou qui pillaient les allants et venants ; on défendit d'acheter ou de vendre à de pareilles gens, et on imposa comme devoir aux autorités des villes de leur enjoindre de cesser un trafic aussi honteux. Il se tient à Rome en mars 1179 , à la suite de la paix de Venise conclue entre l'empereur Frédéric Barberousse et la Ligue lombarde fomentée par le pape Alexandre III .